Bolivie en avril 2005

dimanche, mai 29, 2005

Le Trek de Choro

Nous nous sommes renseignes pour faire le « Trek du chemin des incas » qui mène au Machu-Picchu au Pérou, mais nous ne pourrons pas le faire car tout est complet 6 semaines avant! Tant pis, ce n’est pas grave ! En effet, nous avons un super livre de treks, dans lequel est décrit une autre randonnée suivant une ancienne route pavee inca, le « Choro Trek ».Par contre, l’endroit est décrit dans le livre comme étant un peu dangereux (voleurs, guides peu scrupuleux, touristes trucides…). De plus, quand nous partons au marche local faire nos provisions pour 4 jours, une vendeuse nous demande l’air effraye si nous avons pris une agence sure car c’est « muy peligroso ! ». Gloups. Mais bon, nous sommes quand même rassures par le fait que nous ne partons pas tout seuls, mais a 5, avec les 3 français rencontres a la Paz. Et puis ça va être très sympa, c’est le premier trek que nous faisons avec des copains et pas tout seuls en amoureux ! Ca va changer !Nous passons 3 excellentes journées a marcher au milieu de paysages a couper le souffle : Au début, nous grimpons jusqu'à un col a 4860m : A cette altitude, le paysage est complètement minéral, aride. Ensuite, nous redescendons progressivement en suivant une route pavee de pierre, utilisée a l’époque des incas voire même avant. Il y a même des ruines de maisons de repos datant de cette époque. Plus nous descendons (ça monte bien quand même, bonjour les mollets, mais disons qu’en moyenne on descend!), plus les paysages deviennent verts. Nous croisons des petits villages de pierre accroches a la montagne, des lamas a pompons rouges et charges de bois, des boliviens avec leurs bébés jouant dans la poussière… Des champs de Quinoa (céréale dont la plante est toute rouge), de mais et de coca sont cultives sur des pentes très abruptes. Ce qui est très impressionnant, c’est que nous passons directement de la haute montagne a un paysage humide de jungle ! Nous dormons le premier soir dans un petit village au bord d’une rivière, très idyllique. Puis le second soir, nous dormons sur un promontoire très en hauteur donnant sur le paysage fantastique et très vert d’une vallée profonde. Nous décidons de rester tous les 5 le soir du 4eme jour dans la ville de Coroico : Le site est vraiment magnifique, très en hauteur, donnant sur plusieurs vallées verdoyantes dont celle qu’on a visite. Il y a aussi ici un hôtel vraiment génial : Nous payons 8 Euros pour la plus belle chambre que nous ayons eu depuis des mois, il y a piscine, sauna… Bref, nous nous remettons amplement des fatigues de la marche! Le lendemain matin, nous rentrons a la Paz par « la route la plus dangereuse au monde », des dizaines de véhicules tombant dans le vide chaque année. Il faut dire que cette route longe des précipices, qu’elle est extrêmement étroite et n’a aucune protection pour le vide. Heureusement, dans notre sens, nous roulons cote roche, et nous rentrons a la Paz sans trop de frayeurs. De retour à la Paz, nous lavons toutes nos affaires en 4eme vitesse, disons au revoir à nos amis, et partons rapidement vers le lac Titicaca. Nous avons eu de la chance, car le lendemain, la capitale est complètement bloquée par des manifestations, et pour plusieurs jours !

Site archeologique de TIHUANACO

Le site archéologique le plus important de Bolivie se situe au bord du lac Titicaca, a 70 km de la Paz. Nous y passons une journée plutôt comique. Nous avons déjà toutes les difficultés du monde a partir assez tôt, car nous y allons accompagnes de notre pote anglais de la 50taine Richard qui est franchement bavard. Nous prenons un « collectivo » (camionnette collective)… qui tombe en panne au milieu de nulle part. Nous sommes les seuls « gringos », et nous nous installons au bord de la route, au milieu d’un quasi-désert de pierre avec trois lamas, avec les gentilles boliviennes joufflues à chapeau melon et leurs marmots dans le dos. Au bout d’un temps… certain, nous nous entassons dans une autre camionnette et repartons vers le site. Mais arrives là-bas, il est 14h, nous repoussons la visite aux calendes grecques, et partons déjeuner dans un petit resto local. Ouf, ça y est, nous sommes enfin prêts à visiter ce satané site ! La civilisation de Tiahuanaco est très importante car elle est vieille de 2600 ans et a prospere pendant plus de 1800 ans. Les autres cultures de la région découlent de celle-ci… Nous voyons un musée très beau quoique petit et très cher (en tant qu’étrangers, nous payons… 40 fois plus que les locaux !), avec des statues très géométriques dans un style que nous n’avions jamais vu avant. Pour nous qui ne connaissons rien à l’archéologie, le site est un peu décevant, des mottes de terre et des pierres, mais bon, il y a un porte du soleil qui fait carrément penser a « Enfant du soleil, Esteban etc… » (cf. dessins animes de l’enfance), donc nous sommes ravis !

En route pour La Paz

Apres une petite semaine passée dans la poussière rouge et les arbres tropicaux, nous décidons de rejoindre directement la « capitale » de la Bolivie, La Paz. En fait, cette ville n’est pas légalement la capitale du pays, mais la capitale « de facto », la Bolivie n’ayant pas de capitale constitutionnelle, et Sucre étant la capitale selon la loi . Il y a d’abord 9h de bus a faire a 20 km/h pour rejoindre dans un inconfort absolu Santa Cruz. Il y a un petit problème en Bolivie, que nous retrouverons au Pérou… c’est que les gens ne se lavent pas très souvent (!). Il faut imaginer ces énormes boliviennes, avec leurs 6 jupons et 3 tabliers, transpirant a cote de vous dans un bus fournaise bringuebalant… Bien sur, vue que toutes les fenêtres de ces bus préhistoriques sont cassées, cela fait un courant d’air appréciable qui nous permet de respirer quand même… Les bus, sur ces routes désertes, sont quand même bondes de braves gens, qui a défaut de siège, s’allongent par terre dans tous les sens… C’est vraiment folklorique !!! Nous arrivons à Santa Cruz en début de soirée, franchement épuises! Et pourtant, en vaillants voyageurs, nous décidons d’enchaîner avec une nuit de bus pour La Paz ! Il faut dire que nous en avons marre de toute cette poussière et rêvons de l’air pur des hautes montagnes ! Nous avons beaucoup de chance car le bus direct de nuit pour la Paz est super-moderne-confortable (forcement, nos références sont un peu transformées !). Par contre, nous avons des sueurs froides : En effet, la compagnie de bus, quoique très officielle et très connue, nous arnaque complètement sur le prix des billets : Ceci n’est pas très grave en soi et s’arrange un peu après quelques discutions, mais nous réalisons une fois partis que nous leurs avons laisse nos sacs-a-dos sans vérifier qu’ils les mettaient bien dans le bus ! Nous passons donc la moitie de la nuit a ruminer jusqu'à ce qu’au petit matin, nous vérifions que nos chères « maisons portatives » sont bien rangées dans le bus. Ouf ! En une seule nuit, nous montons plus de 3000 mètres en altitude! Evidemment, il fait carrément froid à 4000m (plateau au dessus de la Paz) et nous sommes littéralement glaces dans notre beau bus, attendant comme de bons lézards a sang froid la venue de petit matin pour reprendre vie !

LA PAZ

Quelle ville incroyablement située ! Imaginez un peu : Un paysage complètement lunaire, avec des collines pelees en dégrade de marron ; Un plateau situe a plus de 4000m d’altitude; Au fond, des montagnes au sommets enneiges dépassant amplement les 6000m. Et au milieu du plateau, une cuvette, une sorte de canyon au fond duquel se trouve la ville de la Paz. Le cœur riche de la ville se trouve tout au fond de la cuvette, tandis que les quartiers pauvres montent sur les flancs.Tout de suite, la Paz nous plait énormément. Et cela malgré l’agitation de la grande ville, les voitures, micros, et autres taxis qui claksonnent constamment… Nous marchons avec nos sacs-a-dos jusqu'au cœur de la ville, la place San Francisco (en bas de la cuvette). Il y a ici plein de monde, des cireurs de chaussure (« 1 boliviano mi amigo ! ») avec une cagoule noire sur la tête genre braqueur de banque, et qui cache leur visage (franchement inquiétant au début, on dirait des gangs de bandits, mais on s’y fait !). Il y a ici une église toute blanche datant de l’époque coloniale, mais en pierre gravée dans un style métisse. Des conteurs de rue crient des histoires a une sacrée foule de curieux. On nous avait dit de beaucoup nous méfier de la Paz avec ses voleurs, et pourtant nous nous sentons plutôt a l’aise. Il y a partout de grosses boliviennes a 2 tresses noires, qui vendent stoïquement dans tout ce rafut des pains chaud, des jus de fruit frais, des gelées aux couleurs fluos… Il y a aussi dans la rue de notre hôtel des étals qui vendent des produits MAGIQUES. Nous voyons avec un certain dégoût des fœtus de lama seches vendus pour quelques bolivianos, à offrir a la panchamama (déesse terre). On trouve aussi des chats égorges (mmm), des grenouilles séchées gonflées recouvertes de paillettes et avec des perles dans les yeux (c’est censé apporter la richesse !!!), toutes sortes d’encens, des thés aphrodisiaques, des pierres et quartz censés contenir de l’énergie vitale… Nous passons quelques jours délicieux à visiter la ville. Tout d’abord nous choisissons une chambre très jolie et confortable, tant pis pour le prix, car nous avons besoin de recharger les batteries après tant de baroudage dans les basses terres boliviennes.Evidemment, a cause de la conformation de la ville, nous passons notre temps a monter et descendre des rues a flanc de canyon. Mine de rien, a environ 4000m, c’est essoufflant !!! (On se demande par la même occasion comment on va faire pour marcher 4 jours avec un sac a dos pour le « Choro trek », mais c’est une autre histoire…)Le « Musée de la Coca » est extrêmement intéressant : La feuille de coca, que mâchent les indiens depuis des temps immémoriaux, a d’excellentes propriétés sur le mal de montagne, la fatigue… Et elle a d’ailleurs été utilisée en pharmacie, et dans la recette initiale du coca Cola par exemple en tant que stimulant (enfin ça fait un baille que ce n’est plus le cas !). De plus, les sud-americains, aymaras, quechuas ect, utilisent cette plante a des fins magiques depuis des millenaires, dans les rituels… Mais il y a aussi le cote terrible de la cocaïne. La politique « anti-drogue » menée par les USA, consistant a donner de l’argent aux paysans afin qu’ils détruisent leurs champs traditionnels de coca, a au contraire aggrave le problème : ces paysans détruisaient leurs champs, reccuperaient des centaines de dollars, puis cultivaient de nouveaux la coca un peu plus loin. A l’heure actuelle, on craint en Bolivie que se développe le même problème qu’en Colombie : Les cartels de la drogue sont de plus en plus riches, et prennent du poids en politique. Certaines regions du pays sont de plus en plus dangeureuses…Ici, la poste pour l’Europe ne coûte rien (Encore faut-il que ça arrive !). Nous faisons donc plein d’achats, des merveilles de toutes les couleurs, en espérant qu’on trouvera qu’en faire de retour à la maison !!! Nous développons des photos dans 3 magasins differents (histoire de vérifier la qualité !) mais quand nous allons les chercher le lendemain, 2 magasins sont fermes par les impôts, la cata ! Nous enchaînons des soirées excellentes : En effet, nous rencontrons au fur et a mesure du voyage des gens avec qui nous échangeons nos expériences, connaissances… Un vrai régal ! C’est ainsi que nous re-rencontrons des français que nous avions croise en… Inde ! Et un australien que nous avions connu au Chili ! Et un autre israélien que nous avions croise en Argentine ! Nous rencontrons aussi 3 français très sympas, Géraldine et Gérôme, puis Sébastien, avec qui nous décidons de faire le trek du Choro.

vendredi, mai 13, 2005

Circuit des missions Jesuites

Nous sommes a 250 metres d'altitude et en 12 heures de bus, nous venons de faireun denivele de 4000 metres!!! Pas d'essouflements cette fois-ci pour dechargerles sacs a dos. Nous nous dirigeons directement vers une agence afin de nousrenseigner sur les prix en jeep pour visiter plusieurs villages qui furentconstruits par des missionaires jesuites au 18eme siecle. Ces villagescomportent tous une magnifique eglise restauree et se trouvent sur une sorte deboucle geographique a plusieurs centaines de kilometres de Santa Cruz. L'agencenous annonce que pour 4 jours et 3 nuits, le tour couterait 500 Dollars US!!!Incroyable, nous restons scotches aux sieges, impossible de debourser cettesomme d'argent. L'aventure commence donc pour nous. Nous partons aussitotprendre le bus et decidons de nous debrouillons tous seuls localement et devoyager de village en village. Apres nos superbes...1 heures de bus denuit..bahh nous enchainons avec 5 heures dans un micro bus rempli a bloc pournous rendre dans le premier village, Saint Javier.

SAINT JAVIER - Le bus nous depose au milieu de ce village, ou la terre et lesrues sont devenus rouge/ocre. Nous ne savions pas a quoi nous attendre mais envoyant la plazza avec son eglise restauree, nous sommes eblouis. Tout un cote dela plazza est occupe par l'eglise, la paroisse et le musee. C'est superbe etgrace a un guide local, nous avons le droit a une visite de premiere qualitenous racontant la vie de ces missionaires qui abandonaient tout pour venir aufin fond de la Bolivie evangeliser. Les peintures, moulages, murets, .... tout aete restaure. La crypte, l'autel et encore la plupart des objets sont d'origine,c'est bien impressionant. Nous restons ici l'apres-midi en admirant la plazza etle decor qui pour nous a bien change. Il ne s'agit plus des villes poussiereuseset bruyantes mais d'un charmant petit village avec ses maisons bien ordonnees enface de l'eglise. Ici aussi, le centre se remplit d'ecoliers vers 17.00 heures.Clementine peint un peu tandis qu'Amaury parle avec les enfants. Vers neufheures du soir, nous reprenons un gros bus qui passe et qui nous emmene en uneheure dans la prochaine ville, Concepcion

CONCEPCION - A moitie endormis, un taxi nous emmene dans notre auberge, il faitdeja nuit noire, nous n'avons pas vraiment la force de diner et nous tombonsraides morts dans nos lits (15 Bolivianos la nuit = 1,5 Euros !). Le lendemainmatin, nous realisons que nous nous trouvons juste a cote de la plazza,decidement, cette plazza, elle est partout! Et oui, apres une visite de l'egliseet de la paroisse magnifique, nous parcourons les quelques boutiques d'artisanatet rentrons dans le petit musee qui decrit le travail et le processus derestauration des statues et de tout le reste des eglises. C'est en fait ici quesont restaurees toutes les oeuvres d'art des autres missions jesuites. Un jeunehomme sympathique nous accueille et nous fait une visite rien que pour nous. Ilnous raconte l'histoire d'un suisse qui il y a 50 ans de cela, venait enseigneret restaurer ici a Concepcion. En visitant le musee, nous apprenons que cesuisse avait fait les meme etudes que nous dans la meme ecole!!! Decidemment, ily a du potentiel. Bref, motives plus que jamais, nous remercions notre guide etrepartons, sacs sur le dos pour essayer de prendre un bus pour nous rendre aSaint Ignacio. Mais pas de bus avant 02.00 du matin! Que faire, apres une heured'autostop, une petite jeep familiale nous prend, quelle chance! Nous nousentassons a l'arriere avec nos gros sacs et c'est parti pour 2 heures et demiede piste dans la jungle en rencontrant vaches, mulets, cochons, chevaux et biend'autres choses encore. La famille qui nous prend travaille pour le gouvernementet nous sommes trop content de pouvoir parler avec eux, une vraie famillebolivienne. Egalement, nous sommes trop heureux de ne pas devoir prendre le busavec a la cle un trajet de 4 heures, nous arrivons tout frais a 18.30 a SaintIgnacio.

SAINT IGNACIO - Apres avoir parcouru trois fois la plazza dans son perimetre,nous trouvons finalement une petite auberge a 20 Bs, ahh c'est plus cher la! pasvraiment en fait, bon, et cette fois-ci avant de nous coucher, nous nousempifrons de gros poulets et frites bien grasses avec bierre locale, un regal!Le lendemain, nous nous rendons une fois de plus a l'eglise et admirons lesdetails et la qualite de la construction. Nous restons un peu ici, et parcouronsle marche local. En fait, nous decidons de partir aussitot pour Saint Miguel.Nous nous plantons a la sortie de la ville et decidons de faire du stop. Mais laca ne marche pas. Alors attendant le prochain bus de l'apres-midi, nousdejeunons avec des empanadas (des gateaux typiques frits remplis de fromage,hmmmmm) et un soda. Il ne se passe pas grand chose a la sortie des villes...voyant enfin le micro arriver, nous nous entassons la dedans et apres 50 minutesarrivons a Saint Miguel. Bon, encore une eglise, ce n'est pas que ca commence anous gaver mais il y a un peu de ca tout de meme. Une heure plus tard, nousretournons avec le meme micro a Saint Ignacio. Voila, le lendemain, a lapremiere heure nous nous levons pour reprendre un bus et rejoindre la fin de laboucle geographique, Saint Jose. En attendant, nous prenons le petit dejeuner aun bar en sirotant un cafe local. Et toujours, ces dames vetues de chapeaux sitypiques, c'est incroyable nous somme en Bolivie!

SAINT JOSE - Derniere etappe avant de prendre un train et de rejoindre SantaCruz. Ici, nous retrouvons notre ami anglais de Potosi. Nous passons la journeea visiter les environs et avons le plus grand mal a nous renseigner sur lespossibilites de transport. C'est un peu un sport national en Bolivie, il fautdemander 5 fois la meme chose a 5 personnes differentes et faire desstatistiques avant d'esperer obtenir une reponse correcte. Finalement le trainde la nuit est deja bonde, il nous faut prendre le bus le lendemain matin. pasde problemes. Enfin si, ici il n'y a rien a faire a part visiter l'eglise...nous passons la soiree avec Richard et rejoignons le lendemain matin Santa Cruzen 9 heures de bus sur une piste completement defoncee, quelque part perdu dansla jungle, c'est une sacree experience! Nous arrivons le lendemain au petitmatin a La Paz apres un enchainement de bus, nous sommes un peu fatigue tout de meme...

Sucre

(Non, ce n'est pas une blague par rapport au sel des salars d'Uyuni) Avec unpetit bus, que les boliviens appellent 'Micro', nous atterissons a Sucre dans lanuit. Un taxi plus tard, nous rangeons nos affaires dans une residencial plutotsympathique avec douche chaude! Ultra important pour nous, car les troisderniers jours, nous nous contentions d'une toilette de chat. Bref, le soir memenous retrouvons un ami anglais rencontre a Potosi avec ses collegues. Mais apresun repas bien remplie, nous ne tardons pas a nous coucher, creves des derniersevenements. Le lendemain, nous sommes eblouis par l'eclat et la beaute de cetteville. Encore bien differente de Potosi, toutes les maisons sont d'une sublimeblancheur et la plazza au centre de la ville toujours tres animee. Vers midi et17.00 heures, les plazza en Bolivie se remplissent toujours de centainesd'enfants qui sortent de l'ecole. Autour d'eux se baladent les 'shoeshine boys',de jeunes enfants qui cirent les chaussures des passants pour un Boliviano (1Boliviano = 10 centimes d'Euro). Nous retrouvons ce matin notre ami anglais puiscourons a la 'maison de la liberte' afin de pouvoir suivre la visite guidee de10.30 Et en effet, le guide tres interessant nous parle de l'independance dupays qui fut signe ici et entame meme un discours tres actuel de la viepolitique et des mecontements entre population et gouvernement. Nous parcouronsle centre ville en long et en large, car c'est toujours dans cette zone la quese trouvent la plupart des sites d'interets dans les villes. Ici aussi, nouspassons pas mal de temps a nous occuper des recherches d'emploi et de doctorat.Ca nous prend en fait de plus en plus la tete et de temps surtout. Il fautremettre a jour nos CV, demander a l'autre bout du monde des lettres derecommendation et ainsi de suite. Pour nous reposer de tout cela, nous passonsune bonne heure a l'alliance francaise! Oui ce petit 'territoire francais' enquelque sorte pour nous, nous fait le plus grand bien. Et en regardant les newssur TV5, nous profitons meme du premier vol de l'Airbus A380, ouahh, bravo (cetengin est magnifique, ndlr). Meme loin, nous sommes proches... Apres avoirechange un livre deja lu par un Agatha Christie, nous partons a l'assaut de laprochaine pizzeria pour terminer notre journee. Non non, nous ne mangeons pastoujours local en effet. Le lendemain, nous visitons le musee des artsindigenes, un magnifique endroit qui nous presente toutes les techniques detissage des environs. Nous mangeons un bon gros gateau a la Quinoa, qui nousblinde jusque tard dans la soiree, et nous partons nous balader dans leshauteurs de la ville pour admirer les Andes environnantes. Pour nous, ce seraaussi la premiere fois que nous visitons un marche en Bolivie. Et ca vaut ledetour! Des tetes de vaches sont etalees, on peut prendre son jus de fruit fraisen lisant le journal, il y a des centaines de metres de legumes. Les marchessont toujours un endroit magnifique, pleins de couleurs et ou les gens neveulent pas se faire prendre en photo! Dommage, mais des photos nous en avonsdes tonnes deja. Sucre comme on nous l'avait recommende deja a Uyuni, vautvraiment la peine d'etre visite.Pour la suite du parcours, nous devons choisir...soit partir directement vers lacapitale ou prendre un peu plus de temps dans ce pays pour visiter les missionsjesuites dans l'Est du pays. C'est avec un voyage d'une douzaine d'heures de busde nuit, que nous atteignons Santa Cruz durant la matinee suivante. Santa Cruzsitue dans la partie basse du pays, a l'Est, ou tout redevient vert et lesfruits poussent a profusion.

Potosi

Par une belle matinee ensoleillee, nous prenons le bus en direction de Potosi.Pas de chance, une heure apres le depart, nous nous retrouvons bloques quelquepart sur l'altiplano, panne de... on ne l'a jamais su. C'est assez frequent cegenre d'histoire. Les paysages se ressemblent pas mal en traversant de long enlarge ce plateau haut perche a plus de 3500 metres d'altitude. Des montagnesarrides avec de temps en temps des cultures de Quinoa ou de mais. Potosi, quifut un jour la ville la plus riche du monde nous coupe literalement le souffle.Nous voici a 4080 metres au dessus du niveau de la mer, incroyable. Rien qu'enmontant la rue principale, nous sommes essoufles. Nous posons nos affaires dansle premier hotel sympa a bas prix et partons immediatement a la visite du centreville et de sa plazza. L'architecture a completement change par rapport a Uyuni.Les maisons en melange de terre et de paille ont laisse place a de solidesbatisses, voir a de petits palaces, qui jadis appartenaient aux espagnolsrichissiment. Potosi possede une histoire bien importante, car c'est ici que setrouvent les fameuses mines d'argent, dans la montagne derriere la ville, queles espagnols exploiterent de facon plutot intensive... Ils amenerent plus de 8millions d'esclaves africains qui en plus des indigenes devaient travailler dansdes conditions moyen-ageuses qui n'ont toujours pas changes! Les mineursdevaient, a l'aide de la feuille de coca qu'ils machaient jour et nuit,travailler en continue durant des periodes de plusieurs jours, voir de plusieurssemaines dans la montagne! Nous avons donc entrepris la visite des minesexploitees depuis plus de 500 ans a l'aide d'une agence locale. Un ancien mineurse donne la peine de nous emmener a la rencontre des mineurs actuels, qui pourbeaucoup d'entre eux ne sont pas encore majeurs. Avant de s'enfoncer dans cetenfer, nous passons au marche des mineurs et achetons des cadeaux a offrir(gants, nitroglycerine, feuilles de coca, alcool a 96 degres!!! a boire,...)Sans aller dans les details, les conditions de travail sont incroyables et lemateriel a disposition est plutot rustique! Nous avons meme droit a unedemonstration d'explosion a la nitroglycerine une fois sortis de la mine. C'estune experience unique. Aujourd'hui, la plus grande partie de la populationdepend de la mine qui appartient maintenant aux indigenes grace a un systeme decooperatives. Du temps des espagnols, le regime en place etait bien plus severeet les morts dans la mine de Potosi du aux mauvais traitements et aux conditionsde vie se contaient par miliers tous les ans.La ville en elle meme nous plait bien et nous y restons deux journees entieres.La celebre 'maison de la monnaie' fait partie des plus beaux musees du pays eten la visitant, nous parcourons un bout d'histoire de la ville en partant de ladecouverte de filons d'argent qui servirent a frapper la monnaie d'Espagne pardes esclaves jusqu'a l'abandon de la mine par l'etat. De nos jours, comiquement,la monnaie de Bolivie est frappee en Espagne et vendue a la Bolivie. En sebaladant en ville, on peut se rendre compte que Potosi etait autrefois une villede grande classe. Ici se trouvent une grande quantite d'eglises et demonasteres. Nous visitons egalement un cloitre de carmelites qui, elles aussi,ne menaient pas une vie bien facile. Completement cloitrees, elles se vouaiententierement au Seigneur et faisaient la fierte de leurs familles espagnoles,evidemment. Les visites guidees sont d'une grande qualite et meme Amaurycomprend quasiment la totalite maintenant en espagnol. Apres pas mal d'heurespassees sur internet et de degustations dans de bons restaurants boliviens(flute de pan en musique de fond) en optant souvent pour la version du 'menu dujour' qui ne coute que trois fois rien, nous reprenons le bus pour rejoindre lamagnifique ville de Sucre, a trois heures de route de Potosi.

jeudi, mai 12, 2005

Uyuni et le salar

Il va nous falloir beaucoup de temps avant d'atteindre Uyuni, qui n'est pourtant qu'a 200km de la frontiere. Tout d'abord, 2 heures de bus jusqu'a Tupiza, durant lesquelles nous traversons des villages construits en terre et paille, dans un paysage completement aride (mais c'est splendide). Nous longeons la ligne du chemin de fer, pas de regrets! (Helas ceux-ci disparaissent progressivement et sont de moins en moins frequents en Bolivie, car trop deglingues... Dommage car Amaury aurait bien aime prendre plein de trains! Mais les bus sont tout aussi etonnants, ainsi que leurs passagers d'ailleurs, un spectacle de chaque instant).A Tupiza, la seule solution pour rejoindre Uyuni consiste a prendre un Jeep, pas de bus tous les jours (d'ailleurs, vue la route, cad le chemin de terre completement cabosse, nous sommes peut-etre plus en securite dans une jeep!). Et nous voila ecrases a 12, comme si on essayait de battre un record du Guiness, sauf qu'il y a plus de 6 heures de route!!! Nous rencontrons un groupe tres sympa d'Israeliens, qui nous parlent de leur pays, de leur service militaire, de la guerre, de politique... et nous realisons une fois de plus la chance que nous avons de vivre dans un pays en pays, ou chacun peut s'exprimer par le vote. Les paysages sont magnifiques, nous traversons des etendues vierges qui semblent s'etendre a l'infini. des montagnes pelees de toutes les couleurs, parfois reccouvertes de neige, et surtout, de la poussiere et encore de la poussiere. Les villages que nous croisons sont d'une grande pauvrete (tout en terre), et c'est un spectacle incroyable que de voir des femmes a chapeau melon et jupons volumineux sortir et se balader leurs marmots dans le dos.Arrives a Uyuni (point de depart des expeditions dans le desert de sel), nous decouvrons une ville "fantome". Des rues tres tres larges (c'est sur, ils ont l'espace!), en terre (bonjour la poussiere), des maisons basses (jamais d'etages supperposes) pourtant joliement peintes. Les femmes boliviennes et leurs enfants se prelassent sur la place principale, tandis que des touristes boivent une biere dans les derniers rayons du soleil. Pour notre part, nous sommes epuises, suivant le guide, nous trouvons un "resto a gringos" ou nous devorons un pizza. Bon, la decouverte de la cuisine bolivienne, ce sera pour demain, promis!

LE SALAR DE UYUNI ET LES LACS COLORES

C'est LA grande attraction de cette ville: Un desert de sel, une etendue blanche de 9000 km2, pratiquement plat, situe a une altitude de 3700m.Parmis les 50 agences situees sur 2 patees de maisons (!) qui proposent des tours de quelques jours, nous en trouvons une que nous avaient reccommande de sympathiques francais en Patagonie. Celle-ci a la particularite suivante: C'est la seule agence qui possede un hotel au milieu du desert de sel, et l'hotel est totalement construit en sel!Nous partons donc pour un voyage de 5 jours, qui va nous en mettre plein la vue. Seule l'organisation des boliviens reste a desirer. Les multiples agences mettent leurs clients en commun, et il regne une pagaille pas possible au niveau des jeeps. Nous aurons battu le record, puisque nous avons eu 5 jeeps-chauffeurs differents en 4 jours!!!Nous arrivons en Jeep dans le desert de sel, le Salar de Uyuni. Une mer qui a disparu, laissant des couches de sel qui remontent doucement a la surface... Le spectacle est soufflant, de sel a perte de vue, comme un manteau de neige. La clarte est telle qu'on doit immediatement mettre des lunette pour ne pas etre eblouis!Nous passons d'abord une journee-soiree-matinee extraordinaire dans le fameux hotel de sel: Effectivement, des murs aux chaises en passant pas les tables, tout a ete decoupe dans des blocs de sel du salar. C'est realise avec beaucoup de gout, et nous sommes les seuls ce soir-la! Pas d'electricite, biensur, donc soiree romantique aux chandelles, coucher de soleil sur le grand desert blanc, et nuit etoilee magnifique!Nous parlons aussi longuement avec le jeune homme bolivien qui s'occupe de l'hotel. Il habite ici, au milieu du desert, depuis des mois avec sa jeune femme et leur bebe. Celui-ci parle bien espagnol, mais parle le quechua avec sa femme. Celle-ci est habillee de facon traditionnelle, et c'est extraordinaire pour nous de partager leur intimite le temps d'une soiree! Le bolivien vient de Potosi, et a travaille dans les mines avant de venir s'installer ici. Il extremement curieux bien qu'il n'ait pratiquement jamais ete a l'ecole, et sa seule connaissance du monde exterieur sont les films! Il nous pose plein de questions en tous genre, et farfelues (genre: Est-ce qu'a Paris, les gens s'habillent tous comme cruella dans les 101 Dalmatiens? Et ces chiens existent pour de vrai?). Finalement, nous decouvrons qu'il n'a jamais entendu parle des 1ere et 2eme guerres mondiales, et entreprenons de lui racconter ces conflits. Jamais entendu parle non plus de la religion musulmane, et encore moins des conflits en Israel. (et pourtant, de nombreux jeunes israeliens passent ici tous les jours, puisqu'ils voyagent apres la fin de leur service militaire). Enfin nous sortons la carte du monde, qui genere des reactions du genre "et tous les pays sont ici, il n'y en a pas d'autres?". Le systeme scolaire existe bien en Bolivie, mais ce jeune homme fait partie de ceux qui n'ont pas pu en beneficier...Ensuite, nous continuons la route vers le sud (retour pratiquement jusqu'a la frontiere chili-argentine, c'est vraiment trop bete, mais tant pis!). Nous partageons une jeep avec deux francaises et deux anglais, le tout forme un groupe tres sympathique. Nous voyons durant ces 4 jours des lacs de toutes les couleurs (bleu, vert, jaune, rouge (!)), des geysers, des pierres aux formes extraordinaires, des volcans, encore des salares... Des lamas aussi, avec des pompons rouges accroches au bout des oreilles. La jeep, completement pourrie, tombe biensur en panne et nous restons bloques des heures dans la nuit glacee au milieu du desert... a machouiller du sel en attendant que ca passe. Il y a aussi une ile toute noire sur la grande mer blanche de sel, avec des cactus geants (12m de haut), et des villages vraiment pauvres et poussiereux ou nous nous arretons pour dormir (c'est somme toute plutot confortable!). La nourriture Bolivienne, a base de soupes et de legumes, est excellente et nous nous regalons pendant cette expedition (nous avons eu plus de chance que d'autres qui nous ont dit avoir ete affames!)Apres plusieurs jours de route, nous arrivons enfin a Uyuni, notre point de depart, les yeux pleins de paysages fantastiques (allez voir les photos, ce sera plus parlant!) Et voila, c'est d'Uyuni ou nous prenons une belle journee de repos que nous vous ecrivons ce recit... Nous partons demain pour les mines de Potosi, celebres mines d'argent ou plus de 8 millions d'esclaves indiens et africains sont morts lors de la domination espagnole... Mais c'est une autre histoire...Nous vous embrassons tous tres fort, et donnez-nous de vos nouvelles, ca nous fait toujours vraiment plaisir!

La Quiaca, en route pour la Bolivie!

Dernier bus argentin (adieu le confort par la meme occasion): Nous montons jusqu'a La Quiaca, ville-frontiere avec la Bolivie. Une chanson ou un poeme argentin dit "d'Ushuaia a la Quiaca", et oui, nous avons bien parcouru cet immense pays jusqu'a ses deux extremites!Nous arrivons a la nuit tombee a la Quiaca, et decidons de passer la frontiere le lendemain au petit matin. Il fait nuit noire quand nous quittons l'auberge, et parcourons a pied le petit kilometre qui nous separe d'une nouvelle grande aventure, la Bolivie. Un pont symbolise la Frontiere, et nous passons cette les controles sans aucun probleme... (Chouette, un nouveau tampon dans le passeport!)Et la, c'est le choc! De l'autre cote du pont, Villazon, la jumelle de la Quiaca, est plutot propre. Mais le spectacle, lui, change radicalement. Tout d'abord, une foule de gens s'activent au bord du trottoir autours de paquets et articles en tous genres, vetements, qu'ils empaquettent, probablement en vue du passage de la douane vers la riche Argentine.Ensuite, nous decouvrons, ebahis, que les petites boliviennes avec leur chapeau melon, leurs deux longues tresses dans le dos, leurs 6 jupons colores qui s'arretent aux genous, leurs chaussettes montantes, leurs bebes accroches dans le dos avec des tissus multicolores, leur tete tellement basanee... bref nous decouvrons que ces images caricaturales representent en fait la realite!!!Nous aurions bien aime prendre un train pour atteindre Uyuni, notre prochaine destination, mais il n'y en a pas avant 2 jours, et nous nous replions donc sur un bus poussiereux. Il est rempli de ces boliviens et boliviennes aux costumes traditionnels, et l'odeur de transpiration nous rappelle qu'il y a peu d'eau dans ces contrees desertiques, et que ces braves gens ne doivent pas souvent prendre de douche!!!